Jeudi 14 janvier 2010
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Mes amis,
Désolé d’avoir déserté mon blog et ça risque de durer encore un peu.
Je remercie celles et ceux qui m’ont laissé des commentaires et qui ont visité mon blog durant mon absence. Je remercie spécialement et vivement Brigitte Lascombe qui a mis un lien vers mon blog m’obligeant ainsi de parler de ma Tunisie. Ma Tunisie dont l'existence a pris origine dans les
abysses de l'histoire. Ma Tunisie dont l'apport a toujours fait évoluer la civilisation humaine. Ma Tunisie qui, malgré la foison des envahisseurs et la tyrannie des despotes, est restée et reste
invariablement debout comme les palmiers de son Djerid.
Je commence donc par parler un petit peu d’un excellentissime poète Tunisien qui a vécu au début du siècle dernier ; Je cite Abou Al Kacem Chebbi dont la notoriété a dépassé le monde arabe.
Ce poète qui n’a vécu que 25 ans (1909-1934) a été très productif parlant aussi bien de l’amour que de la résistance, de l’existence que de la métaphysique, de la nation que de l’univers, de la
liberté que de la colonisation… Issu d’un milieu rural dans la région du Djerid au sud de la Tunisie (Tozeur que Brigitte a visité), ses écrits sont riches en métaphores et allégories inspirées
de la nature.
Ci-après, quelques exemples hâtivement traduits :
Prières au temple de l'amour
Suave, tu es comme l’enfance comme les rêves
Comme une mélodie, comme un nouveau matin qui se lève
Comme un ciel rieur, comme la pleine lune au borgnon
Comme la rose, comme le sourire du nourrisson
…………..
Quelle entité, es-tu ? Es-tu Vénus ?
Sa déhanchant entre les humains derechef
Ou un ange de l’éden venu sur terre
Pour ressusciter l’esprit amical de la paix
……………..
Tu es mon sanctuaire, mon temple, ma matinée
Mon printemps, mon extase, ma pérennité
Ô fille des lumières, je suis l’unique, le seul
À avoir vu en toi la majesté du seigneur
Traduction Copyright
La volonté de
vivre
Lorsqu’un jour le peuple décide d'exister
Le destin n’a de choix que de s'exécuter
Les ténèbres sont obligées de se résoudre
Et force est pour les chaînes de se rompre.
Et celui qui de la vie n’a pas embrassé l’envie
Il s’est évaporé dans son atmosphère et s’est effacé
Gare donc à celui qui ne se délecte pas à la vie
De la gifle du néant triomphant, victorieux
Ainsi m’ont dit les créatures
Et m’ont parlé leurs âmes larvées
Si jamais j’aspire à une ambition
Je mène les veux et j’oublie la circonspection
Je n’évite ni les parcours scabreux
Ni les boules des feux flambants
Et celui qui n’aime pas escalader les monts
Vit à jamais entre les gouffres et les creux !
Traduction
Copyright
Ô mon
frère
Libre, tu es né comme le spectre de la brise
Et émancipé comme au ciel, la lueur du jour
Tel l’oiseau tu gazouilles là où tu t’élances
Et tu chantes ce que dieu a voulu t’inspirer
Ainsi Allah t’a conçu fils de l’existence
Et ainsi dans l’univers, cette vie t’a balancé
Pourquoi donc acceptes-tu la servilité des chaines ?
Et baisses-tu le front à ceux qui t’ont accablé ?
Traduction Copyright
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